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02/02/2024

Pourquoi choisir une piscine en béton ?

L’architecture est un sport de combat

Dans cet entretien, l’architecte Rudy Ricciotti, animé par un goût des mots et des formules qui saisissent les conventions à la gorge, bouscule les idées reçues.

Il n’hésite pas à sabrer le « salafisme architectural » ambiant – ce minimalisme désincarné qui règne sur la création contemporaine -, la « pornographie réglementaire » d’une administration omnipotente, sans oublier la « fourrure verte », nouvelle doxa environnementale.

Ce virtuose du béton, grand défenseur des savoir-faire locaux, tient à expliciter ses combats, armé de ses principales œuvres : le Stadium de Vitrolles, le centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence, le pont du Diable à Gignac, le musée Cocteau à Menton, le musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille, le MuCEM…

Il dresse ici un portrait sans concession de sa profession et de son enseignement. Un manifeste provocant et salutaire.

Rudy Ricciotti, Grand Prix national d’architecture en 2006, est membre du comité éditorial de la revue L’Architecture d’aujourd’hui et a publié en 2007 HOE, Les Renards du temple aux éditions Al Dante qu’il préside depuis 2009.

Le dernier bâtiment conçu par Ricciotti, Le MuCEM (musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), sera inauguré en 2013.

Larchitecture-est-un-sport-de-combat-Rudy-Ricciotti

Conversation avec David d’Equainville. Les éditions textuel.

La modernité reste-t-elle pour vous le Moloch de l’architecture ?

Pour peu que l’on soit attentif à la nature de son développement, l’économie du bâtiment est un secteur d’activité source de richesses pour les territoires. Un système de redistribution pertinent. Mais l’hégémonie anglo-saxonne du minimalisme brouille les repères, nous accule à la violence. Rappelons sans cesse combien la perte des métiers est consécutive à la disparition du récit architectural. Les espaces lisses des villes-mondes sont les cimetières des formes intelligentes de l’espace. La globalisation pompe à son profit les dividendes de nos expertises.

Etapes de construction piscine en béton armé DIFFAZUR

Projection du beton par voie sèche (Gunite)

Un escalier préfabriqué au Louvre, c’est une Bérézina de plus, le signal que la modernité n’a pas fini de nous exproprier nos identités, que la bureaucratie par instinct de nuisance renouvelle son territoire narratif. La bataille continuera de faire rage aussi longtemps que nécessaire. En la matière, mes intentions sont claires. Entre l’acier et le béton, je n’ai pas d’hésitation : je choisis le béton.

 

L’acier n’est pas aimable. Il ne supporte pas les abîmes métaphysiques, cloue au pilori l’erreur humaine. C’est un matériau intolérant avec ses concepteurs. Un pas de côté et tout plante. Le protocole de l’acier, comme la logique d’un ordinateur avec son cortège de 0 et de 1, ne supporte pas les chemins de traverse. L’acier est à l’architecture ce que la cuisine moléculaire est à la gastronomie, une perdition que seuls les architectes les plus talentueux peuvent maîtriser, en évitant les érections tape-à-l’œil comparables aux simagrées des acteurs pornographiques. Shootés à la cocaïne, à l’inox, à l’acier, les plus incompétents érigent des bâtiments dont les prétentions s’effondreront dans un avenir hélas proche, de même que la turgescence d’un gland terminera nécessairement en nouille ratatinée, laminée par les produits dopants.

 » L’aluminium a des effets délétères. Je préfère de loin le béton. Comme la pierre, il a fait ses preuves. Un coup de vent ne l’effraye pas. Le temps non plus. « 

Rudy Ricciotti et le choix du béton

Le béton pardonne les erreurs, les transcende. Il est plastique, capable de prouesses inimaginables.

Le pont du Diable dans les gorges de l’Hérault, réalisé en béton fibré ultraperformant précontraint, a une tolérance de mouvement inférieure à un millimètre, et pourtant par son élasticité il se déforme. Le client constitué d’une intercommunalité de petits villages a défendu avec héroïsme cette aventure technique qui était une première mondiale. C’est une passerelle de 70 m sans appui, un franchissement d’un seul trait, installé sur un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco au titre du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il a fallu six ouvriers pour installer ces 144 tonnes de béton composées de 15 voussoirs monolithiques en forme de U, comme des vertèbres formant une colonne ; les contours du tablier et du parapet sont réalisés à partir du même moule.

Pont du diable

Le pont du Diable dans les gorges de l’Hérault

Béton Gunite

Etapes de construction piscine en béton armé DIFFAZUR

L’ensemble illustre les exceptionnelles performances mécaniques, économiques et environnementales de ce matériau imprévisible et sensible. Le pont est en béton et semble maigre, la peau et les os, ou encore une fois l’éloge du coureur de fond. Une des légendes raconte que le premier pont du site fut érigé avec l’aide du Diable, l’âme du premier à utiliser la passerelle devant lui appartenir en paiement de son aide. À la place, les habitants envoyèrent un chien. De colère, le Diable se jeta dans le gouffre. Le béton est bien méphistophélique mais l’on peut s’en arranger. C’est une mère pour tous.

 

C’est une chaîne courte de production. Sable et ciment sont disponibles économiquement. Ce n’est pas une « terre rare », un produit spéculatif, on peut en fabriquer très facilement partout sur la planète.

 

C’est un matériau libre de droits. Personne n’est propriétaire du béton. Pas plus que je ne suis un architecte bétonneur. Je ne travaille pas avec le béton, c’est le béton qui me travaille, le bouc aussi. 

 » Je suis un fervent défenseur d’une architecture au croisement de la dimension primitive du béton et de l’ingénierie la plus spectaculaire.  » Dans la construction de piscine beton armé, Diffazur et sa projection de béton par voie sèche à 500 km/h (gunite) en est un des exemples.

MuCEM : Allégorie de la violence architecturale

Le Pavillon noir à Aix-en-Provence a été salué par les commentateurs comme une réalisation entre artisanat et ouvrage d’art, avec l’exosquelette de la façade porteuse, la structure parasismique à géométrie variable… Quelles sont les caractéristiques les plus qualifiantes pour le MuCEM, à l’encontre de cette orthodoxie ? 

Pavillon noir à Aix-en-Provence

Pavillon noir à Aix-en-Provence

Mucem à Marseille

MuCEM à Marseille

Elles sont visuelles. Sur le site, le MuCEM jouxte le centre régional de la Méditerranée de Stefano Boeri. Béton contre acier, un face-à-face radical, deux visions du monde pour une baston totale tant les deux projets vont au bout de leur logique. De loin ou de près, les édifices ne jouent pas la même musique, n’ont pas les mêmes instruments. Le MuCEM est une allégorie de la violence, comme l’a été le Stadium de Vitrolles, un bâtiment à l’allure frontale et aux ombres portées, car la visibilité ne suffit pas. L’ombre portée sur le monde ajoute de la tendresse. S’il n’y a pas d’ombre, c’est inquiétant. 

La multiplication des couches architecturales (tangons, résilles, passerelles, peau vitrée, structure arborescente) nourrit l’épaisseur lisible de l’architecture. Le peintre Soulages en est l’exemple même, il crée ses outils pour son œuvre. Mais ces différences sont aussi techniques. L’acier est intolérant, ne supporte pas les erreurs. Le béton non car il encaisse les difficultés, accepte les déformations complexes, la fatigue, les fissurations. Enfin, ces réalités sont nourries par la compréhension des processus, de la phase d’étude, aux procédés de construction, jusqu’à leur mise en œuvre par les artisans. C’est une aventure sur mesure, un travail d’accumulation des savoirs.

 

Les études d’ingénierie générale de Jacques Portelatine, et d’exécution par Romain Ricciotti et son associé, Guillaume Lamoureux, ont fait violence au béton pour en révéler la gentillesse. C’est un art de chiffres et d’expériences où rien n’a lieu sinon une savante fragilité défiant la raison. La volonté d’invention est la clé de voûte du projet. Un feu d’artifice qui défie l’entendement. Nous sommes dans un processus itératif de création de prototypes, l’autre de la même idée, la même pièce de toiture mais pas tout à fait.

Bassin de nage avec éclairage de nuit
Béton fibré ultraperformant

Le béton fibré ultraperformant au cœur du MuCEM

Il y a onze appréciations techniques d’expérimentations (ATEx) pour le MuCEM, onze évaluations techniques par des experts qu’il a fallu convaincre pour autoriser rapidement l’usage de nouveaux procédés de construction : les planchers diaphragmes, les façades organiques, le renforcement des structures, etc. L’utilisation des performances du béton fibré ultraperformant (BFUP) pour les structures et les couvertures bouleverse l’architectonique, les règles établies. C’est une haute technologie réunissant à son chevet des compétences pointues et des entreprises de premier plan – Vinci, Freyssinet…- avec lesquelles les édifices se construisent. 

Le béton fibré est utilisé par Diffazur pour réaliser des piscines necessitant une technologie de pointe. 

Le ratio est d’une trentaine d’ingénieurs pour une centaine d’ouvriers. La matière grise fournit autant d’énergie à ce Meccano que la main-d’œuvre, les familles de métiers tendues autour d’une croyance partagée. On n’est pas loin d’une révolution. Mais sans le béton fibré ultraperformant, plus de MuCEM. La façade structurelle ne tiendrait pas. Grâce à une structure microscopique parfaite de l’empilement granulaire, ce matériau travaille à des niveaux élevés de contrainte mécanique. Les qualités de ce béton sont inimaginables pour un architecte. Cela relève de l’épopée.

Quand je disais que le Diable s’en était mêlé, je ne mentais pas. Les défis les plus complexes deviennent abordables pour ceux qui sont prêts à en payer le prix, celui d’une remise en cause de l’expérience acquise et d’un mouvement de recherche entièrement dévoué à la singularité des projets. Le développement se fait à la carte.

Couloir de nage avec revêtement original

Qualité du béton fibré

Bassin de nage avec éclairage de nuit

Stade Jean-Bouin, à Paris

L’intelligence du béton fibré aide à transformer le réel. Il révolutionne la pensée technologique comme le moteur à réaction le moteur à hélices.

 

La forme du stade Jean-Bouin, à Paris, a pris le volume de toutes les hauteurs maximum autorisées par la réglementation, différentes en fonction du côté du stade envisagé. Le relief de ce stade sera le témoin des contraintes urbanistiques en cours à la date de sa conception. Je l’ai proposé comme un témoignage formel, la représentation architecturale des contraintes du plan d’urbanisme de Paris, celles dont nous ignorons la plupart du temps les effets.

 

Enfin mises à jour par un raisonnement constructif lisible, elles seront révélées par un travail de marqueterie de béton. Le récit juridique devra affronter l’œil du public. La fine résille, capable de résister aux tempêtes, réinventera ce paysage désormais enveloppé de motifs fragiles. Le rêve romantique s’essayera à la réalité. Les performances physiques de la matière auront permis la légèreté de l’enveloppement du stade. 

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De par sa formulation spécifique, et par rapport à l’usage limité en eau, le béton haute-performance de Diffazur  a une résistance supérieure aux bétons classiques et est choisi pour des ouvrages complexes tels que le tunnel sous la Manche. Notre technique de construction a d’ailleurs pu être vue à la télévision !

 

Le béton et l’écologie

Pratiquer la désobéissance technologique est le dernier acte libertaire de l’architecte debout. Le politiquement correct et ses lettres de cachet atteignent ainsi l’acmé d’une dimension outrancière ne fabriquant aucun bénéfice économique ou social. Ce carnage s’ajoute aux importations des matériaux de la modernité, venus de lointains pays, surtout en voie de développement, pour ne pas salir nos chantiers des beaux quartiers.

En revanche, nos déchets à l’autre bout de la planète ne dérangent personne. L’architecture de manufacture devient la couche-culotte d’une architecture du troisième âge, maniaque de la propreté.

 

Découvrez également notre article dédié sur la piscine hors sol beton

Avant la fermeture définitive de la raison, j’essaye de survivre et d’exercer mon métier. Je fais ce que je peux, pas ce que je veux. Contre cette réglementation assassine, je filoute, fais du slalom entre les bornes, pratiquant la résistance technologique pour ne pas dire politique ou idéologique. Sale ici et propre ailleurs est mieux que l’inverse. J’utilise le béton car il est une matière généreuse. Il me conforte dans l’idée d’une architecture gastronomique. Il génère une répartition territoriale des richesses, économise les ressources – l’énergie primaire, l’eau, les terres rares -, valorise les savoir-faire. Le béton défend une culture du travail territorialisé et résiste à la délocalisation des métiers. 

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